Le bruit des motos : entre respect, réalité et responsabilité individuelle
Le bruit des motos reste un sujet controversé.…
Lire la suite
Le Gothard n’est pas seulement un tunnel, c’est aussi un test de résistance pour la politique : lorsque des colonnes de plusieurs kilomètres se forment à Pâques, à Pentecôte et pendant les vacances d’été, cela touche les riverains, les cantons, l’économie – et finalement aussi l’acceptation du trafic routier. C’est précisément là qu’intervient une nouvelle proposition qui rend soudain la tarification de la mobilité très suisse : les personnes qui traversent la Suisse « de frontière à frontière », sans s’y arrêter de magnière significative, doivent payer une taxe de transit. Le Conseil Fédéral doit élaborer un projet qui soit juridiquement défendable – également à la lumière des accords avec l’UE.
La logique est simple, mais pas triviale : le prix en tant qu’incitation. Le caractère incitatif est expressément demandé – la taxe doit être fonction de la densité du trafic ainsi que de l’heure de la journée et du jour de la semaine. L’objectif serait de réduire les pics sur les axes nord-sud ; les recettes devraient être versées au fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA). Sur le plan politique, la demande semble avoir le vent en poupe : Au Conseil des Etats, elle a été largement approuvée, et la commission des transports du Conseil national a également donné un signal clair.
Et puis vient la partie qu’on ne peut pas ignorer : les contrôles. Une taxe « frontière à frontière » ne fonctionne que si l’entrée et la sortie sont enregistrées de manière fiable. Cela ressemble à la reconnaissance des plaques d’immatriculation, aux portails, aux horodateurs – bref, à un système qui ne se contente pas d’encaisser, mais qui enregistre les mouvements. C’est pourquoi le ministre des transports Albert Rösti a souligné les efforts à fournir : une saisie sans faille à tous les points de passage serait techniquement possible, mais administrativement compliquée et coûteuse. La tarification de la mobilité n’est pas seulement une conception tarifaire, mais aussi une conception de données.
Sur le plan politique, l’affaire est minée. A Bruxelles, les politiciens de l’UE réagissent avec irritation et mettent en garde contre des actions unilatérales et d’éventuelles contre-mesures. En Allemagne, on voit à quelle vitesse « diriger les embouteillages » se transforme en « vous contre nous » – jusqu’à exiger des taxes pour les Suisses lors du passage de la frontière. Et même si l’on ignore les émotions, il reste le flanc juridique : une taxe qui, de fait ou de manière formelle, ne touche que les étrangers, a un effet discriminatoire et peut provoquer des conflits avec les obligations internationales.
Pas mal de choses. La tarification de la mobilité est souvent discutée comme s’il n’y avait que « la voiture ou les transports publics ». Pourtant, considérée à sa juste place, la moto peut faire partie de la solution : elle prend moins de place sur la route, libère de l’espace de stationnement et peut, à demande égale, réduire considérablement la consommation de surface par personne. Si l’objectif est de « réduire les embouteillages », il serait absurde de traiter un moyen de transport peu encombrant de la même manière qu’une grosse voiture de tourisme qui prend beaucoup de place avec une personne à bord.
Une différenciation judicieuse pourrait donc ressembler à ceci : Les prix incitatifs dépendent en premier lieu du problème que l’on veut résoudre. Pour les embouteillages et le manque d’espace, c’est l’espace nécessaire qui compte (catégorie de véhicule, poids/dimension, charge). Pour la qualité de l’air, c’est la classe d’émission qui compte. Pour le bruit, il faut des critères spécifiques. Ce qui est important, c’est que les personnes qui utilisent moins d’espace et qui contribuent à réduire les embouteillages ne doivent pas être pénalisées – sinon, on crée de mauvaises incitations.
Que peut-on apprendre de l’étranger ? Premièrement, la tarification est plus efficace si elle est communiquée de manière simple (quand elle est chère, quand elle ne l’est pas) et si le trafic d’évitement est pris en compte – sinon, on déplace le problème de l’autoroute vers les routes cantonales. Deuxièmement, la différenciation est possible – mais elle doit correspondre à l’objectif. Londres exempte les motos de la taxe de congestion du centre-ville (alors que des règles séparées s’appliquent aux zones d’émissions). Stockholm a également des exceptions pour les motos dans le système de péage urbain.
Si la tarification de la mobilité voit le jour, il faudra une « solution moto ». Non pas comme un droit spécial, mais comme une conséquence des objectifs. Une solution équitable pourrait décharger ou exempter les motos des taxes liées aux embouteillages, tout en restant stricte là où il est question de bruit ou d’émissions. Et si l’on pense à la moto comme à une partie du désengorgement, il faut aussi penser à l’infrastructure – par exemple des places de parking pour motos en nombre suffisant et bien placées dans des endroits névralgiques, afin que le « gain de place » ne soit pas seulement un argument.
Dès que l’on rend les prix dynamiques, il faut mesurer. Et les mesures produisent des données. C’est pourquoi il faut des garde-fous clairs dans la loi : une collecte minimale de données, des délais de conservation courts, une affectation stricte et un contrôle indépendant. Sinon, on gagne peut-être quelques minutes de réduction des embouteillages – mais on perd la confiance à long terme.
Le bruit des motos reste un sujet controversé.…
Lire la suite
La télématique et les systèmes d’assistance visent à…
Lire la suite
La tarification de la mobilité au Gothard revient…
Lire la suite